Si vous nous suivez sur Facebook, Twitter ou même Instagram, vous n’êtes pas sans savoir que nous sommes passés à la télé ! L’équipe d’Audrey Pulvar a contacté Maxime après avoir découvert et lu l’article du BangaBlog “Le Marketing de la Nostalgie”. Résultat, un petit moment de gloire sur l’émission Pop Up, le magazine bien nommé sur la Pop Culture de la chaîne C8.

Voyez plutôt.

Mais ce que l’on ne sait pas vraiment, c’est qu’un repositionnement du sujet post-interview a eu raison du discours de “l’expert en communication digitale et co-fondateur de Bangarang”. Et par transparence, il faut dire aussi que Maxime est un grand bavard, un bavard qui ne pense pas qu’il y ait de bonnes ou de mauvaises situations… oui, ce genre de bavard.

Parce que ce phénomène nous plaît beaucoup et que l’on avait envie d’être le plus exhaustif possible avec la journaliste, voici l’interview que vous ne verrez jamais :


” La nostalgie n’est pas un phénomène nouveau… mais on a l’impression d’un retour en force ces derniers mois. Quand on observe l’industrie culturelle en 2016, que constatons-nous ?

Oui, il y a à Hollywood un marketing de la nostalgie installé depuis 4-5 ans avec en prémisses les productions faites par JJ Abrams, notamment Super 8, aux fortes influences Spielberg des 80’s. D’autres films, comme Ted de Seth McFarlane, prônaient une mise en avant de la culture geek avec toutes les références impliquées. Mais aujourd’hui il y a une véritable prise de conscience de ce phénomène, révélée par la sortie et le succès de Stranger Things.

Qu’est-ce que cette vague de nostalgie dit de nous et de notre société ?

On construit notre esprit critique pendant notre enfance, cette même période où l’on développe son imaginaire autour de grandes productions. 10, 20 ou 30 ans plus tard, on retrouve une communauté qui partage les même références et l’imaginaire collectif de son époque. La nostalgie a un vrai pouvoir fédérateur.

Et puisqu’on parle d’une génération assez précise, des enfants des 80’s, cette génération est en train de prendre le pouvoir aujourd’hui, d’acquérir un certain poste sur la société, d’être la génération des actifs. Et ces nombreuses productions à la fibre nostalgique s’inscrivent finalement bien dans leur temps puisqu’elles s’adressent à une génération consommatrices de contenus.

Qu’est ce qui fait de Stranger Things, une série moderne ?

Et si ce qui rendait cette série moderne, c’était notre façon que nous avons eu de la consommer ? Ce n’est pas un film mais une série, un format plus dans l’ère du temps. On ne l’a pas vu au cinéma, on ne l’a pas loué en cassette, mais en faisant du binge-watching sur Netflix. On n’en a pas parlé à la récré avec les copains, on a tweeté, partagé des gifs, changé notre cover Facebook, etc. Tout ceci est vraiment propre à notre époque.

Est-ce qu’on parle de régression ?

On éprouve toujours un sentiment réconfortant face à un produit nostalgique. Mais rester dans sa zone de confort, c’est ne pas aller vers l’inconnu et ne pas affronter la nouveauté. La part de régression est bien là, cependant elle est totalement consciente et assumée, voire même revendiquée. La nostalgie fédère et fait vendre.

Par exemple, le cas de Seth McFarlane est intéressant car il fonde tout son univers par rapport à sa jeunesse passée dans les années 80. Dans son film “Ted”, il choisit de se représenter avec un trentenaire ayant une relation de bon pote avec son nounours, obtenu pendant sa tendre enfance. Ce réalisateur pragmatique sacralise cette Pop Culture qui l’a fait grandir et n’est pas dupe de son attachement à ces années-là.

Le doudou, objet transitionnel par excellence, s’il est utilisé avec excès, peut transformer le réconfort en obsession compulsive. Il faut juste espérer que cet objet transitionnel nous permettent de créer de nouvelles choses.

Avec tout ce marketing de la nostalgie, on constate que même les 20-25 ans sont nostalgiques d’une époque qu’ils n’ont pas connue. Pourquoi ?

La culture populaire des années 80 est vaste et riche, entre l’héritage de Spielberg et la culture nanar en passant par les salles d’arcade, il y a de quoi faire. Et on constate qu’une génération des 25 ans 30 ans devient fascinée par cette période.

Or les ados des années 80 sont les quadras d’aujourd’hui, et la cible de ce marketing nostalgique tourne plutôt autour des 25-30 ans. Ce public est gavé d’internet, de contenu, de culture mashup, des nouveaux usages du numérique. Entre deux, la culture geek s’est hipsterisée, d’une culture obscure, elle est devenue mainstream, elle a été intellactualisée, anoblie jusqu’à être presque sacralisée (un peu trop d’ailleurs parfois quand on voit l’accueil de certains reboots).

Finalement, les ados des 80’s qui se sont gavés de Goonies et autres franchises, sont eux qui, dans les années 2000, ont posé les bases d’internet et de la culture digitale, nourries de leurs emblèmes.

Et en baignant dans ce patchwork geek et digital, la jeune génération va créer des références fantasmées, ils vont réinterpréter les codes, créer une sorte d’hyperbole des années 80, qui n’ont jamais véritablement existées à base de dinosaures lasers, de néons, du Kung Fu et de synthé… Le kitsch des années 80-90 devient cool et branché.

Ce n’est donc pas véritablement les années 80 que le jeune public réclame, mais un fantasme rassurant, un mashup d’internautes du XXIème siècle, créé à partir des échos des années de leurs aînés. Kung Fury en est la parfaite synthèse :

Nous sommes donc condamnés à revoir les mêmes choses encore et encore  ?

Notre nostalgie d’aujourd’hui est une expression de la révolution digitale que nous vivons actuellement. Ces codes envahissent surtout les nouveaux moyens de communication et les différentes prises de parole sur les internets. Mais ce qui n’est peut-être pas assez traduit, pas assez explicite, c’est l’attente d‘un renouveau. Notre culture doudou est une culture de transition, elle nous donnera par la suite un élan suffisant pour aller vers autre chose, centré cette fois-ci sur le présent.”